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Page:Stendhal - Armance, Lévy, 1877.djvu/265

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connu de tout le monde et non moins généralement blâmé. Les grandes dames qui avaient des filles à marier étaient furieuses.

Madame de Malivert, disait la comtesse de Claix, a la cruauté de forcer ce pauvre Octave à épouser sa dame de compagnie, apparemment pour épargner les gages qu’elle aurait dû payer à cette fille, c’est à faire pitié.

Au milieu de tout cela le commandeur se croyait oublié à Paris où il mourait d’ennui. Le cri général contre le mariage d’Octave ne pouvait pas être plus éternel qu’autre chose. Il fallait profiter de ce déchaînement universel pendant qu’il existait. On ne rompt les mariages arrêtés que de fort près.

Enfin toutes ces bonnes raisons et l’ennui plus qu’elles firent qu’un beau matin l’on vit arriver le commandeur à Andilly, où il reprit sa chambre et son train de vie ordinaire comme si de rien n’eût été.

On fut très-poli envers le nouvel arrivant, qui ne manqua pas de faire à sa future nièce les avances les plus empressées. L’amitié a ses illusions non moins que l’amour, dit-il à Armance, et si j’ai blâmé d’abord un certain arrangement, c’est que moi aussi j’aime Octave avec passion.