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Page:Stendhal - Armance, Lévy, 1877.djvu/234

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château où l’amiral de Bonnivet avait jadis eu l’honneur de recevoir François Ier, et mademoiselle de Zohiloff devait l’accompagner.

Mais la marquise eut l’avis secret d’une promotion prochaine dans l’ordre du Saint-Esprit. Le feu roi avait promis le cordon bleu à M. de Bonnivet. En conséquence, l’architecte poitevin écrivit bientôt que la présence de madame serait sans objet dans le moment présent, parce qu’on manquait d’ouvriers, et peu de jours après l’arrivée d’Octave, madame de Bonnivet vint s’établir à Andilly.


XXIV


Le bruit des domestiques, logés dans les mansardes, pouvant incommoder Octave, madame de Bonnivet les établit dans la maison d’un paysan voisin. C’était dans ces sortes d’égards matériels pour ainsi dire que triomphait le génie de la marquise ; elle y portait une grâce parfaite, et savait fort adroitement employer sa fortune à étendre la réputation de son esprit.

Le fond de sa société était composé de ces gens qui pendant quarante ans n’ont jamais fait que ce qui est de la convenance la plus exacte, de ces gens qui font la mode et ensuite s’en étonnent. Ils déclarèrent que madame de Bonnivet s’imposant le sacrifice de ne pas aller dans ses terres et de passer l’automne à Andilly pour faire compagnie à son amie intime madame de Malivert, il était de devoir étroit pour tous les cœurs sensibles de venir partager sa solitude.