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Page:Stendhal - Armance, Lévy, 1877.djvu/119

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l’estime de sa cousine ; il jouissait avec délices du bonheur de l’avoir perdue. Comme il se rapprochait du groupe de madame de Bonnivet, et revenait du coin éloigné occupé par les tranquilles joueurs de wisk, Armance remarqua l’expression de ses regards ; ils s’arrêtaient sur elle avec cette sorte d’attendrissement et de fatigue qui, après les grandes joies, rend les yeux comme incapables de mouvements trop rapides.

Octave ne devait pas trouver un second bonheur ce jour-là ; il ne put adresser le moindre mot à Armance. Rien n’est plus difficile que de me justifier, se disait-il en ayant l’air d’écouter les exhortations de la duchesse d’Ancre qui, sortant la dernière du salon avec lui, insista pour le ramener. Il faisait un froid sec et un clair de lune magnifique ; Octave demanda son cheval et alla faire quelques milles sur le boulevard neuf. En rentrant vers les trois heures du matin, sans savoir pourquoi et sans le remarquer, il vint passer devant l’hôtel de Bonnivet.


V


Her glossy hair was cluster’d o’er a brow
Bright with intelligence, and fair and smooth ;
Her eyebrow’s shape was like the aerial bow,
Her cheek all purple with the beam of youth,
Mounting, at times, to atransparent glow,
As if her veins ran lightning…

Don Juan, c. I.


Comment pourrai-je prouver à mademoiselle de Zohiloff, par des faits et non par de vaines paroles, que le plaisir de