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Page:Stendhal - Armance, Lévy, 1877.djvu/114

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IV


Half a dupe, half duping, the first deceived perhaps by her deceit and fair words, as all those philosophers. Philosophers they say ? mark this, Diego, the devil can cite scripture for his purpose. O, what agoodly outside falsehood hath !
Massinger.


La sotte apparition du commandeur faillit replonger Octave dans sa misanthropie de la veille. Son dégoût pour les hommes était au comble, quand son domestique lui remit un gros volume enveloppé avec beaucoup de soin dans du papier vélin d’Angleterre. L’empreinte du cachet était supérieurement gravée, mais l’objet peu attrayant ; sur un champ de sable on voyait deux os en sautoir. Octave, qui avait un goût parfait, admira la vérité du dessin de ces deux tibias et la perfection de la gravure. C’est de l’école de Pikler, se dit-il ; ce sera quelque folie de ma cousine la dévote madame de C***. Il fut détrompé en voyant un magnifique exemplaire de la Bible, relié par Thouvenin. Les dévotes ne donnent pas la Bible, dit Octave en ouvrant la lettre d’envoi ; mais il chercha en vain la signature, il n’y en avait pas, et il jeta la lettre sous la cheminée. Un moment après, son domestique, le vieux Saint-Jacques, entra avec un petit air malin. Qui a remis ce paquet, dit Octave ? — C’est un mystère, on veut se cacher de M. le vicomte ; mais c’est tout simplement le vieux Perrin qui l’a déposé chez le portier, et s’est sauvé comme un voleur. — Et qu’est-ce que le vieux Perrin ? — C’est un homme de madame la marquise de Bonnivet, qu’elle a renvoyé en ap-