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nant qu’un Mousoungou veut passer l’eau, réclament chacun un fusil et un baril de poudre. À bout de patience j’ai déclaré que si l’on voulait avoir des fusils, il faudrait les prendre ; car je ne les donnerais pas.

Bombay, déjà très-enroué, est reparti avec Asmani ; ils ont parlementé jusqu’à onze heures du soir, discutant, se querellant, menaçant ; puis se sentant devenir fou, le pauvre capitaine, est revenu sans avoir terminé. Je lui ai dit de prendre deux choukkas, de les offrir aux deux chefs, et si on voulait davantage, de les rapporter ; qu’alors je me battrais.

Les négociations ont duré jusqu’à minuit. En fin de compte, les choukkas ont été acceptées,

2 novembre. Île d’Ihata, une heure et demie à l’ouest de Kiala.

Nous sommes arrivés en face de cette île à cinq heures de l’après-midi. Toute la matinée s’était perdue en vaines paroles avec le propriétaire du bac.

Finalement, conditions du passage de toute la caravane : huit mètres d’étoffe, plus quatre foundos, (quarante coudées) de perles rouges, dites de corail ou samé-samé. Il avait été convenu que je payerais d’avance, et je l’avais fait immédiatement.

Quatre hommes, avec leurs charges, entrent dans les petits canots ; de mauvaises pirogues, informes et avariées. On dépose mes gens sur l’autre rive.

Au lieu de revenir, les bateliers reçoivent l’ordre de rester là-bas ; et à ma grande surprise, on me fait une nouvelle demande. Le passeur prétend que mes rangs de perles n’avaient pas la mesure ; il ajoute que si je ne donne par deux autres foundos de samé-samé, notre contrat sera regardé comme nul et non avenu.

Les vingt rangs de perles furent accordés, mais après le déluge de paroles qui, dans ce pays, accompagne la moindre affaire.

Trois fois les canots allèrent d’un bord à l’autre. Au quatrième tour, nouvelle demande avec le même accompagnement de clameurs et de paroles furieuses : cinq colliers pour l’homme qui nous avait conduits au bac ; plus une choukka pour un bavard qui nous avait suivis, sous prétexte de rendre service à Djoumah, et qui ne faisait qu’ajouter au vacarme. Je donnai l’étoffe et les perles.

Le soleil allait se coucher ; il fallait passer nos bêtes. Simba, un âne sauvage de l’Ounyamouézi, un bel animal, fut lancé le premier, tenu par une corde. Il était au milieu de la rivière,