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engendrent en nous un grand nombre de maladies tant morales que physiques.[1].


§ IV. — Du Jeûne et de l’Aumône


À quoi sert le jeûne et la pénitence ? À quoi sert le labeur ? Ils servent à la purification de l’âme souillée par le péché, à la paix de cette âme, à son rapprochement filial vers son père, et enfin à lui donner une sainte témérité dans ses demandes au Seigneur. Ces considérations suffisent à elles seules pour nous engager à jeûner et à nous confesser de tout notre cœur. Une récompense inappréciable sera le fruit d’un labeur consciencieux. Vous direz peut-être : y en a-t-il beaucoup parmi nous qui aiment Dieu avec un sentiment vraiment filial ? Trouvons-nous beaucoup de personnes qui osent hardiment et sans nulle hésitation coupable envers la Providence, invoquer Dieu, le Père céleste, et dire ces mots : Notre Père ! Au contraire, cette voix filiale n’a-t-elle pas cessé de résonner dans nos cœurs, étouffée par la vanité de ce monde ou par l’attachement à ses pompes et à ses plaisirs ? Le Père céleste n’est-il pas loin de nos cœurs ? Ne devons-nous pas nous le figurer comme un Dieu vengeur et irrité contre nous autres qui nous sommes éloignés de lui dans une région lointaine ? Oui, nos péchés nous rendent dignes de sa juste colère, de sa juste punition, et c’est prodigieux comment il nous supporte après tant de fautes, comment il ne nous abat pas comme des figuiers stériles ! Hâtons-nous donc de reconquérir sa pitié par la pénitence et par les larmes. Rentrons en nous-mêmes, examinons avec toute

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