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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/66

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Chap.
ⅹⅷ
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meur corrompuë : cette corruption dénotte tout au moins que la cure sera tres-longue : Si dans le progrez de la morve, ce qu’il jette par les nazeaux, est changé en matiere comme de l’écume, & que cela continuë, ordinairement la maladie est incurable & le cheval meurt bien-tost.

J’ay veu des Chevaux morveux n’estre pas glandez, ou s’ils l’estoient, la glande estoit mouvante & petite, & ils en sont morts, quoy qu’on aye sceu faire : La seule connoissance qu’on avoit que c’estoit morve, estoit la matiere fort gluante, s’attachant fortement aux narines, & se congelant facilement dans les conduits, & : qui ne coulant pas d’elle-mesme, faisoit peine au Cheval à respirer ; quand on l’avoit siringué & débouché, il respiroit plus facilement, mesme il y avoit des fibres sanguinolentes, qui dénotoient que la matiere procedoit de quelque ulcere, qui rendoit la morve incurable.

Quelques-uns ont voulu dire que le siege de la morve estoit dans le cerveau, mais asseurement il est dans le poulmon, rarement dans les roignons, dans le foye, ou à côté de la ratte, & jamais dans le cerveau ; je parle de cela comme l’ayant bien reconnu, & le raisonnement que j’ay fait cy-devant est fondé sur un principe duquel je ne me départiray point, qu’on ne m’aye fait voir le contraire.

Cette maladie se communique plus qu’aucune autre, parce que non seulement les chevaux qui sont pres de celuy qui en est attaqué la prennent ; mais l’air se corrompt & s’infecte, en sorte qu’il est capable de la communiquer à tous ceux qui sont sous le mesme toist : C’est pourquoy il faut d’abord les separer, & ne les point laisser boire dans un mesme sceau, particulierement certaines sortes de morves malignes ; mais toutes ne sont pas de mesme, & ne se communiquent point si facilement, mais il y a toujours du danger.

Que la Morve vienne de cause froide, je n’en doute pas : je ne doute pas non plus qu’elle ne soit de tres-difficile guerison, toute la difference se peut prendre du plus ou du moins de malignité : & tous ceux qui disent avoir guery des morves se trouveront avoir guery ou des fausses gourmes, ou des morfondures ou des morves qui n’avoient gueres de malignité ; car asseurement on n’en guerit gueres, quand je dirois point du tout, peut estre que je dirois vray.

Toute Morve a son siege par un ulcere qui est dans le poulmon, peu souvent ailleurs, laquelle s’augmente & consomme peu à peu