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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/528

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Chap.
ⅽⅼⅹⅹⅶ
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tumeur, s’y dégorge & forme sa varisse, elle est molle, & cede sous la main lors qu’on la touche ; on la peut comparer aux varisses des Hommes, puis que c’est une dilatation de la veine en cét endroit, qui n’est point douloureuse. Le seul remede à ce mal est d’arracher un pan de veine du jarret, comme j’en enseigneray la methode au Chapitre ⅭⅬⅩⅩⅩⅤ. Ce mal est plus ordinaire aux Chevaux de carrosse chargez de chair qu’aux autres ; il n’est pas douloureux, il ne fait pas boitter le Cheval, & ne luy nuit pas extrémement ; mais comme les gens de peu d’experience ont peur de tout, ils croyent d’abord que c’est une courbe, ce qui n’est pas, car la courbe est dure & n’est pas située au mesme endroit. On peut si on veut, frotter l’enflure avec de l’huile de laurier de temps en temps ; elle fera pousser une galle ou croûte sur l’enflure, laquelle on dissipe en lavant la partie avec de la lavure d’écuelles, & lors que la galle ou croûte est ôtée, il faut refrotter encore avec de l’huile de laurier, & continuer ce procedé, & barrer la veine au dessus, & au dessous du jarret ; cela dissipera la varisse, mais elle reviendra au premier travail.

Plusieurs donnent le feu aux varisses, les Mareschaux n’y manquent jamais, mais il ne fait pas toujours l’effet qu’on en avoit attendu, car il l’empesche souvent de croistre, mais il ne la resserre pas : sur tout n’apliquez jamais sur une varisse ny onguent de scarabeus, ny retoire ; car ils causent l’un & l’autre des desordres si grands qu’on a lieu de s’en repentir : j’y ay esté attrapé & ne le feray jamais, profitez de l’avis.


CHAP.
ⅽⅼⅹⅹⅷ.
De la Courbe.


LA Courbe est une tumeur faite de matiere flegmatique, grosse, dure, scituée au dedans du jarret plus haut que l’esparvin, sur la substance du tendon, qui passe en écharpe au dedans du jarret : cette tumeur est longue comme une poire coupée en deux, plus grosse en haut qu’en bas ; quelquefois elle fait boitter le Cheval.

Elle vient aux Chevaux de tirage plûtost qu’aux autres, à cause de l’effort que les jarrets font en tirant : ensuitte duquel le gros tendon estant affoibly, toutes les humeurs y aboutissent, & y sont entretenues par la maistresse veine de la cuisse qui passe fort prés : elle vient aussi aux Chevaux pour avoir travaillé trop