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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/527

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Chap.
ⅽⅼⅹⅹⅵ
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de montagnes, où les jarrets ont beaucoup à souffrir.

Ce mal est tres-dangereux, & on est obligé d’en venir au dernier remede, qui est le feu, qui ne les guerit pas toujours.

Quand le mal est hereditaire, il n’y a pas d’autre remede que le feu ; pourtant dans son commencement on peut tenter quelques remedes topiques, c’est à dire exterieurs.

Prenez les onguents d’Agrippa, Martiatum, & d’Althea, de chacun deux onces, huile d’iris une once, huile de lombris, & de semences d’hiebles ana trois onces, mélez le tout ensemble, & appliquez tout chaud comme une emplâtre sur l’esparvin, & continuez huit ou dix jours ; au bout desquels si vous ne voyez aucun amendement, il faut raser le lieu, & appliquer dessus un ceroüenne pendant cinq ou six jours, puis mettre le feu sur l’esparvin fort proprement ; mais sans le flatter : on observera d’arrester la veine dessus & dessous le jarret avec le feu, & une raye au long de la veine, depuis l’endroit où elle est arrestée en haut jusqu’au bas, où elle est encore arrestée demy pied au dessous du jarret, & un pied au dessus, parce que cette grosse veine, si elle n’est arrestée, abreuve continuellement la tumeur.

Et afin qu’on n’y soit pas trompé, je vous donneray advis que personne ne peut assurer qu’il guerira & rendra droit un Cheval qui a un esparvin, avec le feu, & pourtant il n’y a point d’autre remede, contez là dessus. Il en guerit beaucoup, & plusieurs demeurent boitteux toute leur vie ; sur tout aux Chevaux qui l’ont supporté long-temps, ils ne laissent pas de servir, mais le service d’un Cheval boitteux n’a jamais esté agréable ny beaucoup utile.


CHAP.
ⅽⅼⅹⅹⅶ.
Des Varisses.

AVant de parler de la Courbe, je feray connoistre une tumeur nommée Varisse, qui est souvent prise par plusieurs Mareschaux pour une courbe, & qui ne l’est point : la cause des varisses est premierement d’avoir les veines trop grosses au plat de la cuisse, ensuite le Cheval dans la jeunesse venant à faire un effort de jarret, le sang se porte en cette partie avec trop d’impetuosité & en grande abondance, ainsi la veine se dilate en cét endroit sous l’os du jarret & la varisse se forme : elle vient à côté de la courbe & un peu plus bas : elle est scituée sous un os qui est au dedans du jarret le plus élevé & le plus apparent de tout le jarret en dedans, & la grosse veine de la cuisse passe dessous la