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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/509

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Chap.
ⅽⅼⅹⅵ
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corce de fresne bien exactement, puis mélez avec la pâte & la poudre d’écaille, calcinée & le miel, & du tout faites un cataplasme qu’il faut avoir bien mélé & l’appliquer à froid, le lier le mieux qu’on pourra sur le fondement, reïterer de douze en douze heures en remettant du nouveau, c’est à dire renouveller l’appareil.

Si vous ne pouvez avoir de l’écorce du milieu de fresne toute fraîche, prenez de la séche seulement deux onces, & la mettez en poudre pour la méler avec la pâte comme cy-devant.

Le serat refrigerant de Galien, l’Album rasis, & autres remedes Galeniques feront quelque chose à ce mal, mais les remedes precedens feront plus d’effet.

Et si le fondement ne vouloit pas rentrer par tous les remedes precedens, comme il arrive souvent, l’inflammation & la grande chaleur en estant ôtées, & ne pouvant mieux faire on coupe ce qui sort du fondement, & qu’on ne peut remettre : on le coupe avec un couteau de feu bien tranchant, afin d’empécher l’émorragie, à quelques-uns il r’entre d’abord qu’ils ont esté un quart où demie heure arrestez ; mais si vous les faites trotter seulement trente pas, d’abord il sort, c’est une marque qu’il y a fistule : il faut prendre le temps qu’elle est hors du fondement, la lier avec une bonne ficelle, & la couper toute entiere avec un couteau de feu tranchant.

Il faut ensuite graisser la playe tous les jours avec de l’Album rasis, jusqu’à ce que l’escarre soit tombée, puis frotter la chair vive avec du Siccativum rubrum, bien des Chevaux sont échapez par-là, & beaucoup de Mareschaux à Paris, ont fait cette cure par mon ordre qui jamais ne l’avoient veu faire, quoy que d’ailleurs habiles dans leur art, & qui ont vû guerir les Chevaux de leurs fistules.


CHAP.
ⅭⅬⅩⅦ.
Pour efforts de jarret, heurts & coups en iceluy.


LEs efforts de jarret sont les plus dangereux, à cause de la douleur que les parties nerveuses souffrent, quand elles sont meurtries ; le Cheval en séche, il devient maigre, & ensuite il luy reste tant de fâcheux maux, que s’il n’en est estropié, tout au moins il en demeure difforme.

Les efforts de jarret arrivent par les mesmes causes que les efforts de hanche : on les connoist en ce que le Cheval boitte, le