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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/50

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Chap.
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font connoistre par des signes manifestes qu’ils veulent se dégager par là, & jetter par les nazeaux, la nature est vostre guide, & vous ne pouvez faillir, l’aidant à se debarasser par la voye qui luy est la plus commode, qui le trouvent en cette occasion par les conduits du nez ; mais si pour la commodité que vous avez à pratiquer ce remede, sans chercher des drogues qu’à vostre cuisine, vous vous en servez sans consideration, assurément vous payerez la commodité, parce qu’il est toujours perilleux de forcer la nature à s’évacuër par les endroits qui répugnent à la disposition presente où se trouve le Cheval.

Une autre fois ayant doublé la dose de ce remede à un Cheval qu’on soupçonnoit de morve pour le faire jetter extrémement, il se dégoûta si fort qu’il fut cinq jours sans manger, avec un tres-grand battement de flanc, il échappa neanmoins de cette grande evacuation contre mon opinion, car je crûs qu’il en mourroit, à cause du grand battement de flanc qu’il luy avoit causé. Neant-moins j’ay experimenté toûjours qu’aux Chevaux morveux, pourveu qu’on n’excede pas notablement la dose, il n’en arrive jamais d’accident, & mesme on peut reïterer le remede plusieurs fois, en laissant un notable intervalle d’un remede à l’autre, parce que la nature a pris ce cours, & l’on ne fait que l’aider à se vuider de ce qui luy nuit. D’abord qu’on a donné le remede, les Chevaux font mine de vouloir mourir, par le grand battement de flanc qu’il leur excite ; mais cette bourasque est bien-tost appaisée.

Il n’est pas à propos de donner ce remede aux Chevaux qui ont perdu le manger, ils ne sont pas en estat de supporter sa violence ; il ne le faut pas non plus donner dans un grand froid, car le Cheval courroit risque d’en mourir ; les évacuations extraordinaires estant à craindre en ce temps-là, comme aussi dans une grande chaleur d’esté.

Si vous donnez ce remede à un Cheval qui ait quelque partie noble offensée, il avancera sa mort : ce qui épargne la dépense & l’ennuy que donne une longue maladie ; & puisque l’on doit perdre un Cheval, il vaut mieux que ce soit tost que tard, ne pouvant long-temps subsister avec un partie noble gastée & corrompuë.

Ce remede sera donné, si on le peut commodément, plûtost au declin qu’au croissant de la Lune, parce que dans le croissant il fait plus de ravage, & renverse l’œconomie naturelle, en sorte qu’il faut un long-temps pour la restablir ; mais au declin il ne fait pas si grand desordre : le jour apres le plein de la Lune, il fait