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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/475

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CHAP.
ⅽⅼⅴ.
Si le Cheval boitte si fort que les croissans soient formez, & le pied desséché en sorte que le Cheval ne puisse cheminer ny presque se soûtenir, il faut dessoler, brûler tout le bout de l’os du petit pied, le laisser tomber en suite, apres quoy la solle reviendra, & le Cheval pourra guerir, si on le ferre à pantoufle, & qu’on donne le temps au pied de se fortifier, mais ce ne sera jamais un pied ny bon, ny bien-fait, ny de service.


CHAP.
ⅭⅬⅥ.
De la Galle des Chevaux.


LA Galle est un vice du cuir, qui le rend plus épais qu’à l’ordinaire, l’endurcit & le seche, & ainfi le cuir devient âpre & mesme ridé en beaucoup d’endroits. La Galle fait tomber le poil : elle est causée par une humeur acre, brûlée & salée. Vegetius dans le Livre intitulé, Artis Veterinariæ, Livre Ⅲ. Chapitre ⅬⅩⅪ. définit la Galle en ces termes : Scabies jumentis difformem passionem. Ce qui n’est pas une definition, & ne fait aucunement connoistre le mal. Les mauvaises nourritures contribuent à produire ce mal, qui vient d’un acide plein d’esprits, & de sels acres & corrosifs, cet acide peut estre causé par la faim & les grandes fatigues, la frequentation des Chevaux galleux, les étrilles ou épouflettes, qui ont servi à des Chevaux atteint de ce mal : la galle peut venir aux Chevaux pour avoir esté nul pansez, & pour n’avoir pas esté saignez dans le temps.

On connoist la galle quand le Cheval se frotte en un endroit plus qu’aux autres : par exemple, aux jointures, aux jambes, à la queue & au crin ; pour lors il faut manier le cuir de l’endroit qui demange, ou qui est pélé, s’il est plus épais que de coutume, ce sera une marque que le Cheval a la galle : elle est quelquefois universelle ; mais bien souvent elle vient peu à peu, tantost en un endroit, & tantost en l’autre.

Il y en a de deux sortes, la galle vive, & l’ulcerée : la galle vive ne pousse rien au desus du cuir qu’une farine ou crasse, elle fait perdre tout le poil : cette espece est tres-difficile à guerir, & vient ordinairement d’avoir souffert la faim & le froid.

L’autre espece se manifeste au dehors par des enlevures & des croûtes, qui estant ôtées & emportées laissent de petites playes ; cette derniere est plus aisée à guerir que l’autre, si ce n’est dans le crin & dans la queuë où elle s’attache extrémement, & difficilement on l’en peut déraciner, parce que le cuir en ces en-