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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/46

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Chap.
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poudre du Lieutenant selon le besoin, ou l’opiatte cy-apres.

Il est bon de siringuer dans les nazeaux de temps en temps, quand le mal s’opiniâtre.

L’opiatte de Kermes sera excellente en cette occasion, & la corruption qu’on remarque par la puanteur de la matiere, sera surmontée par sa vertu.


CHAP.
Ⅺ.
Opiate de Kermes.


CEtte Opiate ne cederoit en rien pour les Chevaux, à la confection d’Alkermes, si au lieu des grains de Kermes secs qui n’est proprement que l’écorce, on employoit la vraye & precieuse moüelle qu’elle enferme, de consistance liquide, qui se reduit par sa maturité sans aucun artifice, en une poudre fort rouge, qui sort elle-mesme par le trou de son écorce ou enveloppe, du costé qu’elle adheroit au bois, ou à la feuille d’un petit arbrisseau, appellé ilex baccisera, où elle s’engendre ; il faut éteindre cette poudre rouge si tost qu’elle commance à s’animer & se changer en petits vers fort rouges avec du suc de limons deflegmé d’un quart, & la pétrir entre les mains & la faire secher en petits trochisques ; ainsi preparée elle vaut mieux que son écorce, telle qu’on nous l’apporte de Languedoc ; si on a de ces petits trochisques que je viens de décrire, il en faut prendre quatre onces ; que si on n’a que la graine, il en faut prendre une livre de la plus recente & belle quoy que seche, & grains de genevre bien murs & secs, demie livre ; graines de cubebes & de bayes de laurier, de chacun six onces ; racines de scorzonere d’Espagne, d’imperatoire, de zedoaire, d’iris de Florence, & de rapure de corne de cerf & d’yvoire, de chacun quatre onces demie, racine d’enula campana autant ; écorces d’orange & de citron sechées à l’ombre, de chacune quatre onces, canelle demie once, cloux de girofle & muscade de chacun deux gros.

Le tout doit estre pilé & passé par le tamis fin, pour estre pesé ensuitte, si toute la dose y est, elle doit revenir à trois livres dix onces & deux dragmes de poudre, le tout poids de marc. Il faut méler ces poudres, avec onze livres de bon miel écumé & cuit en demy sirop, & les bien incorporer. Lorsque le miel est encore chaud, & la bassine estant ostée de dessus le feu, on y adjoustera peu à peu les poudre, & l’Opiatte sera faite. On la laissera fermen-