Ouvrir le menu principal

Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/443

Cette page n’a pas encore été corrigée

Chap.
ⅽⅹⅼⅴ
.
toûjours le poulmon corrompu & pourry ; quelques-uns ont aussi le foye tout lardé d’ulceres, & en partie consumé par la pourriture : Je voudrois demander à ceux qui assurent qu’ils ont un remede infaillible pour le Farcin, si leur remede rétablira ce foye pourry ? S’il ne le fait, le Cheval ne guerira pas, car c’est une partie noble qui corrompra & alterera toûjours le sang, & empéchera la guerison du Farcin, qui ne vient que d’un sang corrompu ; c’est ce qui fait voir le peu d’experience des gens qui se vantent d’avoir de pareilles receptes : car tout Homme ne peut dire autre chofe du farcin, sinon qu’il le guerira, s’il est guerissable, car si le foye est corrompu & ulceré, ce qui arrive souvent mesme dans le commencement du farcin, duquel ce foye corrompu a esté la cause, il n’est pas curable ; que si le facin est inveteré, il aura peut-estre alteré la substance du poulmon, comme j’ay déja dit : & comme quoy un remede mis au front, dans l’oreille, pendu à la queue, ou au crin, ou des onguents mis sur les boutons, gueriront-ils le poulmon ulceré & gâté ? s’ils ne le guerissent, le farcin subsistera toûjours, car il a sa racine dans le poulmon, ou dans le foye corrompu. On peut conclure de ce raisonnement, que tous ceux qui parlent du farcin, ne le connoissent pas, & n’en ont gueres veu : il a beaucoup d’analogie avec la grosse verolle, la lepre, & les écroüelles.


CHAP.
ⅭⅩⅬⅥ.
Pour le Farcin inveteré.

IL y a du Farcin inveteré qui jette de si profondes racines, qu’il est malaisé de le guerir, & mesme il ne guerira jamais si le foye ou le poulmon est corrompu & gâté ; mais comme on n’a point de certitude de cela, on ne veut pas laisser perir un Cheval, sans luy donner quelque secours, mesme souvent l’une de ces deux parties n’est qu’échauffée, desséchée, ou legerement ulcerée, & par de bons remedes elle peuvent se rétablir & revenir dans leur premiere forme. Mais comme les medicamens ont perdue leur vertu contre cette méchante maladie, & n’ont pas éteint le virus, qui redouble la malignité du mal, & qui le rend si rebelle, il est necessaire de travailler avec soin pour en avoir contentement : & je ne conseillerois jamais à un homme, quelque épreuve qu’il ait fait de son remede, de se vanter qu’il guerira ces farcins inveterez, ces grosses cuisses, dont les boutons poussent de la chair comme de gros champignons, & autres, où plusieurs re-