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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/436

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CHAP.
ⅭⅩⅬⅢ.
Remede d’un Mareschal Allemand, pour le Farcin.


IL est bon d’avoir plusieurs remedes pour des maladies de consequence ; car il arrive quelquefois qu’on ne les prepare pas bien, ou qu’estant bien preparez, & donnez avec tout le soin possible, ils ne guerissent pas toujours, outre que chacun les peut choisir selon son inclination. Dans toutes les manieres qu’on entreprend la cure du Farcin, il faut toujours observer le mesme regime déja prescrit : il faut pareillement les saigner, & les purger si on le juge à propos, n’estant pas absolument necessaire, mais qu’on purge ou non, il faut commancer par la saignée : en suite.

Prenez racines d’Esquine & de Salsepareille coupées menu, de chacune trois onces, racines de Benoiste concassée deux onces, feüilles d’Agrimoine deux grandes poignées, Scordium une poignée & demie : faites cuire le tout dans quatre pintes d’eau, que vous ferez reduire en cuisant doucement à une pinte & demie, le tout doit estre bien couvert en cuisant, vous le coulerez, & ajouterez une chopine de vin blanc : puis divisez le tout en cinq prises, que vous donnerez le matin cinq jours de suite, ajoutant à chaque prise un verre d’urine d’enfant qui soit enfanté : le Cheval sera tenu bridé trois heures avant, & autant apres.

Par ce remede les bouttons, tumeurs & cordes se sécheront, mais s’il y a de la malignité & que les bouttons reverdissent, ou que les cordes croissent & enflent, il faut recommancer à luy donner encore cinq fois de la mesme décoction.

Ce remede vient d’un Mareschal Allemand qui en guerissoit beaucoup par son usage, je croy que vous en aurez le mesme succez, si vous le faites soigneusement, j’en puis rendre un fidele témoignage, l’ayant veu tres-bien reüssir.

Remede tres-bon pour le Farcin.

Les Chevaux n’ont aucune maladie qui aye tant de remedes que celle-cy. Tout le monde assure qu’il en a un particulier & infaillible ; beaucoup de Chevaux farcineux perissent avec tous ces secrets, par la malignité du mal, ou par la faute du choix & de l’application du remede, qui presque jamais n’attaque le virus, & la veritable cause dont j’ay parlé cy-devant ; celuy-cy est tres-bon.