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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/410

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Chap.
ⅽⅹⅹⅹⅲ
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Breuvage cordial pour la Palpitation.

Prenez les herbes de chardon benit, de fauge, & de romarin, de chacune demie poignée, faites une chopine de décoction, faifant boüillir les herbes demie heure, dans trois demy-septiers d’eau ; puis les coulez, & y adjoûtez une chopine de vin blanc, & les poudres suivantes, bayes de genevre, aristoloche ronde, myrrhe, & raclure d’yvoire de chacune une dragme, galanga, canelle & giroffle de chacune un scrupule, & six grains de saffran : donnez le tout tiede au Cheval, promenez-le une demie heure, & deux heures apres donnez-luy un lavement carminatif, comme nous l’avons décrit cy-devant.

Continuez à le traitter de cette methode, vous conformant au temps & à l’occasion : pour sa nourriture le son luy est bon, le foing & le pain de froment ; les Chevaux ne meurent gueres de cette maladie : le mal est quelquefois fort violent, mais il disparoist bien-tost pour revenir une autre fois.


CHAP.
ⅭⅩⅩⅩⅣ.
De la fiévre des Chevaux.


LA fiévre des Chevaux, est une chaleur étrangere & extra-ordinaire dans tout le corps, qui vient d’une ébulition ou fermentation violente des humeurs, cette chaleur est contraire & opposée à la chaleur naturelle, qui est affoiblie & hors d’état de faire ses fonctions ; je ne puis pas mieux la comparer qu’au vin qui bout dans le tonneau : cette liqueur s’agite, se remuë, s’échauffe, s’étend, en un mot se fermente, & si elle n’a pas assez d’espace, rompt tout ce qui luy fait obstacle, elle remplit tout de fumées & de vapeurs ; elle est trouble & confuse, sans y pouvoir discerner la moindre goutte de vin ; mais apres ce desordre tout ce qu'il y a d’impur se separe, la lie va au fonds, une certaine crasse flotte dessus, & tout autour du vin il s’y fait une croûte qui s’attache au vaisseau ; voila l’idée & l’image de la fiévre. Lors que le sang vient à boüillir & fermenter extraordinairemcnt, par quelque cause que ce foit, il s’agite avec déreglement, il s’enfle & se dégorge souvent des vaisseaux qui ne peuvent le contenir, il s’échauffe sensiblement, il remplit tout le corps de fumées & de vapeurs, d’où vient l’étourdissement de teste ; il est si confus qu’on ne tire souvent que de la bouë au lieu de sang, & si la nature en est maistresse, elle separe le mauvais d’avec le bon, & le rejette comme inu-