Ouvrir le menu principal

Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/400

Cette page n’a pas encore été corrigée

Chap.
ⅽⅹⅹⅹ
.
huit jours de la farine d’orge mouillée comme au commancement.

Et si on le faisoit tous les ans aux Chevaux de prix qui ont du feu, & qui sont de temperament chaud & sec, assurément on préviendroit bien des accidens qui leur arrivent : cette methode est admirable pour les Chevaux qui viennent de la guerre ou d’un long voyage.

Si dans les commancemens le Cheval se dégoûte, comme il arrive facilement, attachez à son mastigadour une pilulle gourmande : & mesme vous pouvez continuer d’en mettre à son filet aussi long-temps qu’il mangera de l’orge ; non seulement ces flottes luy feront revenir l’appetit, mais elles luy purifieront le sang, previendront les maladies, qui pourroient luy arriver, & contribueront à l’engraisser.


CHAP.
ⅭⅩⅩⅪ.
Des chevaux fortraits.


LA maladie precedente a quelque affinité avec celle-cy ; car un Cheval fortrait est celuy qui par fatigue ou par quelque indisposition, comme est un reste de courbatture ou chaleur excessive dans le corps, devient étroit de boyaux : & les deux nerfs situez sous le ventre, qui vont depuis le fourreau jusqu’aux sangles, partant à l’endroit du ventre où le Cheval touche avec la cuisse en cheminant ; ces deux nerfs font si durs & si roides, que la douleur fait perdre le corps au Cheval ; & comme ces nerfs sont retirez & secs, ils font qu’il reste étroit de boyaux : Pour y donner ordre il faut saigner du col, & le lendemain graisser ces nerfs avec cét onguent.

Onguent anodin.

Je diray pour contenter les curieux que les remedes anodins sont ceux qui par un douce chaleur semblable à la naturelle, une humidité tempérée, & une substance subtile s’insinuant dans la partie douloureuse, la relâchent, y fomentent la chaleur naturelle, & par ces moyens appaisent la douleur, dont l’on peut inferer qu’un remede anodin est celuy qui oste la douleur de la partie sur laquelle il est appliqué.

Prenez populeum, dealthea, & onguent rosat, de chacun deux onces, mélez le tout à froid ; au deffaut de cét onguent, prenez graisse de poulets, de poules ou de chappons qu’on leur oste d’au-