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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/364

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Chap.
ⅽⅹⅷ
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qu’il ne travaille pas trop, & qu’il ne suë point par excés.

La poudre Angelique est tres-bonne aux Hommes, pour toutes les fievres intermittantes : la dose est deux à six grains dans quelque vehicule, ou en donner du vin qui est rendu émetique par cette poudre : la dose est de deux à quatre onces de vin ; elle guerit la peste donnée en substance dans le commencement du mal, lors qu’il y a encore des forces suffisantes.


CHAP.
ⅭⅩⅨ.
Plottes jaunes pour guerir les Chevaux poussifs.


CE remede est tres-bon, & il guerira un Cheval poussif, si on peut le guerir : pilez fort fin deux livres de verre d’antimoine fort transparent & de couleur citrine, & ayant mis tremper demie once de gomme Adragan, avec chopine d’eau de padasne, & une dragme de bon saffran de Levant en poudre, quand le tout sera bien enflé & qu’il se sera fait une gelée, mettez la poudre de verre d’antimoine dans le mortier, & mélez peu à peu en remuant avec le pilon, mettant la gelée de gomme Adragan à mesure qu’elle s’imbibera avec la poudre, le tout reduit en pâte, en sorte qu’elle retienne dans vostre main la forme que vous voudrez, formez en des pilulles qui peseront neuf dragmes, laissez les sécher sur un tamis renversé, & les gardez dans une boëte : Ces pilulles font incorruptibles.

On fera manger une de ces Plottes tous les jours dans du son mouillé, la mettant en poudre dans la main, avant de la méler avec le son, & on travaillera le Cheval à l’ordinaire ; s’il perd le manger, il faut cesser pour quelque temps de luy donner des Plottes, & ensuitte recommancer. Que si l’usage de ces Plottes augmente le battement de flanc, au lieu de le diminuer comme il doit faire, c’est signe que le Cheval n’est pas en estat de guerison, & que le poulmon est ulceré, ainsi il faut celler l’usage des plottes crainte de le faire mourir si on continuë.

On peut les donner aussi de cette maniere : il faut brider le Cheval, & deux heures apres luy faire avaller une pilulle avec chopine de vin blanc, le tenir encore bridé deux heures, & le nourrir à l’ordinaire, que si ces plottes données dans du vin augmentent le battement de flanc, au lieu de le diminuer, il faut cesser d’en donner, car assurément le poulmon est ulcéré, & le Cheval est incurable, & si on continuë on le tuëra ; que si ce breuvage luy fait absolument perdre le manger, il faut cesser pour quelques