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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/32

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Chap.
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branche avec du miel rosat, ou du commun au deffaut, & la luy redonnez à mâcher la refrottant de miel, vous continuerez demie heure de la sorte, il mangera apres sans doute.

Une branche de figuier pourra faire presque le mesme effet.

Quand on a des Chevaux dégoutez, il faut chercher toutes les inventions possibles pour les faire manger sans contrainte, par de petits soins faciles, comme d’estre souvent prés d’eux, sur tout quand le dégoust vient par maladie, leur donner à manger avec la main un peu de foing: d’abord qu’ils le refusent leur mettre le mastigadour une demie heure, puis le leur oster, leur presentant ensuitte quelque morceaux de pain ; s’ils le refusent leur laver la bouche avec une éponge, leur donner ensuitte un peu d’avoine dans la main: enfin, il faut chercher tous les moyens possibles d’empescher un Cheval de perdre absolument le manger, & pour cet effet l’Armand qui suit fera merveille.

Le plus asseuré de tous les remedes est de mesler un once de foye d’antimoine parmy du son mouillé, que le foye soit bien pulverisé, & continuer à luy en donner deux fois tous les Jours, asseurement il le fera bien manger, & luy profitera beaucoup à la santé : La description & la maniere de composer le foye d’antimoine, se trouvera cy apres au Chapitre ⅭⅩⅩⅤ. On peut luy en faire manger aussi long-temps qu’on voudra sans rien apprehender de mauvais ; au contraire, il ne s’en ensuivra que de bons effets, hors qu’il voulust jetter sa gourme, car le foye d’antimoine rafraichit, & il faut échauffer.

Je donneray un avis en cet endroit à ceux qui voudront se servir de mes remedes, qu’ils sont tous dispensez avec le poids de marc, qui est le poids dont les Orfèvres se servent partout: car la pluspart des autres Livres dans leurs compositions parlent du poids de Medecine, ou du poids de la Ville où ils pratiquent ; mais dans ce Livre il n’est fait d’autre mention que du poids de marc, de seize onces à la livre, qui est le poids de Paris & de Bourgogne ; car quoyque dans quelques Villes de France il y aye seize onces à la livre, les seize ne valent que quatorze de Paris, puis que c’est le plus grand poids qui soit dans le Royaume.


CHAP.
Ⅶ.
Armand pour Cheval degoûté & malade.


PRenez plein un plat de mie de pain blanc émiée bien menuë, moüillez-la avec du verjus, y mettant trois ou quatre pincées de sel : au deffaut de verjus, le vinaigre pourra servir, &