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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/285

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Chap.
ⅹⅽⅲ
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de trente ans en sa bonté : on l’applique comme il suit.

Apres qu’on a découvert le mal, comme je l’ay enseigné cy-devant, il faut faire fondre de cet onguent dans une cueiller, avec un peu de suif, ou de graisse, du beurre, ou de l’huile d’olive, & tout chaud l’appliquer dans le mal, & continuer jusqu’à ce que le Cheval ne boitte plus.

Nottez que j’ay ordonné dans le precedent onguent du sang de dragon en larmes qui est la gomme d’un arbre dont il y en a quelques-uns dans une des Isles Canaries : les larmes qui sortent d’elles-mesmes, sont d’un beau rouge, & sont le plus beau & le plus pur sang de dragon, & la gomme qui sort de l’arbre par les incisions qu’on y a fait, est aussi du bien sang de dragon, mais inferieur en vertu au premier. La plus grande partie vient des Indes Orientalles, l’un & l’autre le plus rouge & le plus haut en couleur est estimé le meilleur.

Mais on doit rejetter comme inutile le sang de dragon qu’on vent aux Mareschaux qui est contrefait avec de la gomme arabique ou autre commune qu’on fait dissoudre dans l’eau, & on y donne la couleur avec du bois de bresil rapé ; ce qui se fait en faisant bouillir le tout lentement jusqu’à ce que la gomme aye acquis une belle couleur, on la passe au travers une toile claire, puis on fait évaporer toute l’humidité, & on laisse refroidir : voyla la composition qu’on vent aux Mareschaux pour du sang de dragon, parce que ils le demandent à trop bas pris, aussi n’en a-il pas les vertus, puis que ce n’est que une gomme de cerisier, d’amandier, ou d’Arabie, qui n’en a pas plus de vertu pour luy avoir donné une teinture rouge.


CHAP.
ⅩⅭⅣ.
Onguent de Monsieur Curty, pour les Encloüeures, Clous de rue, & pour les playes des Chevaux & meurtrissures.


MEttez dans une bassine ou poilon sept livres d’huile d’olive, & mélez parmy une livre ceruse, & une livre, & un quart litarge d’or ou d’argent ( elles ont autant de vertu l’une que l’autre ) avec une pinte d’eau, mettez le tout dans une grande bassine large par le haut : & allant en cone par le bas, c’est à dire en forme de pain de sucre, & l’on incorporera le tout à froid les agittant avec une grande & forte espatule de bois un quart d’heure, puis ayant mis la bassine sur un bon feu de charbon allumé dans un fourneau propre à cela, on les fera cuire, les remuant sans cesse.