Ouvrir le menu principal

Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/24

Cette page n’a pas encore été corrigée

queuë & le crain s’arrache avec beaucoup de facilité.Chap.
.

C’est un signe de maladie dangereuse, lors que le Cheval ne se couche point estant malade, ou s’il se couche qu’il se releve d’abord, ne pouvant respirer à son aise estant couché, que si au contraire au declin d’une maladie le Cheval se couche, & demeure long-temps couché, c’est un tres-bon signe.

Lors qu’un Cheval malade montre le blanc de ses yeux au haut, c’est signe qu’il souffre de la douleur, & que sa maladie sera longue.

De ces signes vous pourrez conjecturer que vostre Cheval est malade, il faut tâcher de connoistre ensuitte sa maladie en particulier pour y donner remede, un mal connu est à demy guery, morbum nosse curationis principium : nous commencerons par les maux qui viennent à la teste, & suivrons en cet ordre tout au long du corps du Cheval, jusqu’aux moindres infirmitez, & donnerons les remedes apres avoir donné une legere definition de la maladie, & de ses causes, & l’avoir fait connoistre autant qu’on le peut sur le papier.


CHAP.
Ⅲ.
Du Lampas ou Febve.


LE Lampas est une grosseur ou croissance de chair environ comme une noisette, qui croist dans le palais auprès des pinces, & surpasse les dents, aux uns plus, & aux autres moins. Le Cheval voulant manger l’avoine, ressent de la douleur en cette partie, de sorte qu’il quitte le manger : cette incommodité est ordinaire aux jeunes Chevaux. Ouvrant leur bouche, on void d’abord si le palais est plus haut que les dents, nous l’appellons le lampas ; le remede est de l’emporter avec un fer rouge fait exprés : le moindre garçon de Mareschal sçait faire cette operation ; mais il faut prendre garde que ostant le lampas, un maladroit qui aura trop fait chauffer son fer, & qui ayant coupé la grosseur qui fait le Lampas ou Febve, s’il brusle l’os en y retouchant avec le fer chaud plusieurs fois, il faudra qu’il en tombe un esquille, ce qui cause un grand desordre qui peut avoir des suittes facheuses, qu’il faut evitter en coupant le lampas du premier coup, sans y revenir lors qu’il est couppé.

A Paris ils font difficulté de brûler le lampas aux jeunes Chevaux dans le temps qu’ils ont encore des dents de lait dans la bouche, & je croy assurément qu’il ne le faut oster qu’à ceux