Ouvrir le menu principal

Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/23

Cette page n’a pas encore été corrigée

Chap.
I.
Pour les maux de teste, j’en ay preservé une infinité avec un mineral, ou avec une poudre qui est inferée dans ce Livre ; pour la guerison on n’a point de remede si assuré ; le mal ayant gagné ils reüssissent & manquent souvent, & jusqu’à present personne ne se peut vanter d’en avoir un assuré ; quoy que j’en ay proposé de bons, mais comme ces maux changent & ne sont plus les mesmes, il faut inventer d’autres remedes.


CHAP.
II.

Remarques & observations pour connoistre tout Cheval malade.


LEs connoissances necessaires pour reüssir dans la cure des maladies des Chevaux, sont outre l’idée generale qu’il en faut avoir, de le considerer attentivement, pour découvrir l’infirmité particuliere qui l’afflige : le premier signe qu’il vous donnera de sa maladie, sera le dégoust ; lors il faut voir s’il a l’œil agart & farouche, l’œil du Cheval est le vray miroir de son intérieur ; s’il a l’oreille froide, la bouche échauffée, pasteuse ou baveuse, le poil herissé aux flancs, & lavé aux extremirez plus qu’à l’ordinaire, c’est à dire, desteint, ayant accoustumé de l’avoir vif ; si la fiante est dure & noire, ou verdatre : s’il urine clair, c’est à sçavoir une eau claire, & cruë ; que l’œil luy pleure, qu’il aye la teste pesante & basse, qu’en cheminant il chancele, qu’ayant accoustumé d’estre vigoureux, on le void tardif & pesant, qu’estant vicieux aux autres Chevaux, il ne leur dit rien, qu’il se leve & couche souvent dans l’Escurie, regardant son flanc, que lesdits flancs luy redoublent, que le coeur luy batte: ce qui se connoist appliquant la main platte entre l’épaule & la sangle au costé gauche, qu’il se neglige sans se soucier quoy qu’on luy fasse, & plusieurs autres signes que les Chevaux nous donnent de leurs maladies, desquels nous parlerons de chacun en particulier en son lieu.

Lors qu’un Cheval a esté long-temps malade, & qu’il ne se campe plus pour pisser, mesme qu’il ne tire pas, mais simplement laisse degoutter l’urine de dedans le fourreau, c’est presque toujours un signe mortel, s’il ne pissoit pas de la sorte estant en santé, mais si se portant bien, il laissoit degoutter l’urine de dedans le fourreau, comme cela arrive quelquefois, on ne pourroit en tirer aucune conjecture s’il pissoit de mesme estant malade.

C’est encore un signe presque toujours mortel, lors que la