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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/214

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Chap.
ⅼⅹⅹⅸ
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boitte toûjours ou que la partie au dessus de l’atteinte enfle, & que la corne se reserre & le pied sestressisse au dessous, il est bien à craindre que le tendon ne soit corrompu par l’atteinte précédente ; il le faut sonder exactement, & si on trouve que le trou de l’atteinte aille jusques au tendon : il faut panser le mal comme nous dirons aux javars encornez, cy-apres. Que si l’atteinte a esté négligée dans un voyage, quoy qu’un Cheval n’en boitte gueres au commencement, la pourriture s’y engendre par le froid & par l’ordure, en sorte que le mal devient une atteinte encornée ; pour lors apres une ou deux applications d’emmielure, on est obligé d’y mettre le feu, & le traitter comme nous dirons parlant des javarts encornez : Et si le Cheval le lesche, jamais il n’en guerira tant qu’il le leschera ; il faut donc envelopper le mal avec les remedes dont nous parlerons dans les Chapitres suivans.

S’il restoit de la pourriture au fonds du mal, supposé que le tendon ne soit pas gasté, ce qu’on connoistra avec la fonde, lors qu’elle ne peut penetrer jusqu’au tendon, pour empêcher que le tendon ne se corrompe, sur tout si le trou fait par le crampon ou autre chose, n’est bien net, & qu’il y a de la pourriture au fonds, ou qu’il face de la matiere ou une enflure, dureté ou grosseur au dessus, ou à côté du mal, lors lavez le mal avec du vin chaud, & appliquez l’onguent du Schmit dans le trou, & continuez ; que si le mal va de longue, que le Cheval continue à boitter que l’enflure durcisse & augmente ou que la matiere en sorte, ayez recours au Chapitre des Javarts encornez qui suit apres celuy-cy ; car assurément le tendon est attaqué, & lors il faut qu’il soit extirpé, ou le mal ne guerira jamais.


CHAP.
ⅬⅩⅩⅩ.
Des Javars.


PIL y a de trois sortes de Javars, les simples, les nerveux, & les encornez : le javar simple est le plus ordmaire, c’est une tumeur engendrée par une humeur corrompuë contenuë entre cuir, & chair : il vient dans tous les endroits du pasturon, & particulierement au derriere du pasturon, le Cheval purge par cet egout l’humeur pourrie qui s’est amassée en cet endroit, le javar est au Cheval, comme un clou aux hommes, il fait douleur lors qu’on le presse avec le doit, & presque toûjours fait boitter le Cheval avant qu’il aye supuré, c’est à dire avant que le bourbillon en soit sorty : Les javars font quelquefois des restes de gourme, ou autres impuretez que la nature pousse au dehors, & ils viennent sou-