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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/207

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Chap.
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Quelques-uns avant de rien faire au Cheval, le saignent en pince, & font tres mal, car c’est attirer la fluxion où elle est déjà trop abondante ; mais il faut saigner du col, parce que la saignée du col fait revulsion, & jamais il ne la faut obmettre dans le commencement de ces maux, & mesme avant l’application d’aucun remede.

Quand vous leverez le premier appareil, il faut frotter du mesme onguent le boulet avec eau de vie, mettre un autre emplâtre de mesme onguent, ou contra rupturam, remettre les éclisses, & frotter toute la jambe avec l’onguent du Duc, laisser l’appareil deux fois vingt-quatre heures, laissant toûjours le Cheval suspendu, & continuer de la sorte jusqu’à guerison.

Et comme pareilles dislocations ne peuvent arriver que l’épaule n’aye beaucoup souffert, & que l’os du mouvement ne soit relâché, il faut si cela est, travailler à la rétablir, comme vous en trouverez la methode dans le Chapitre LIV. & suivans ; vous connoistrez si l’os est descendu, en maniant & comparant un os d’un côté avec l’autre, & voir s’ils sont égaux : Il ne faut pas que cela vous étonne, car par le temps l’épaule se rétablira par les bons remedes.

Nottez que les dislocations ou entorses se guerissent aux jambes de devant avec le soin & les bons remedes, & les Chevaux ne s’en ressentent pas ; mais aux boulets des jambes de derriere, la cure en est longue & fâcheuse, & souvent il se forme des abcez qui crévent dans la jambe, dans le paturon, & ailleurs, & qui attirent l’humeur en si grande quantité qu’on ne la peut tarir, & j’ay veu beaucoup de Chevaux estropiez, & d’autres qui en sont morts.

Vostre Cheval estant gueri, c’est à dire ne boittant plus : il faut y mettre le feu comme je l’ay cy-devant marqué aux entorses, pour asseurer la cure & empescher la rechutte, & quoy qu’il boitte encore, il faut y mettre aussi le feu pour dernier remede & tâcher à le rendre droit.


CHAP.
LXXVI.
Des Nerfs ferus.


CE mal arrive aux Chevaux pour l’ordinaire dans les courses violentes, & dans les mouvemens précipitez qu’on leur fait faire, comme aussi dans les chemins pleins de cailloux, ou dans

les ornieres lorsqu’on les presse trop, ils s’attrapent des pieds de derriere, les nerfs de devant, ou bien des mesmes pieds de devant, il se fait une contusion au nerf qui est suivie d’enflure, de dureté,