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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/184

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Chap.
ⅼⅹⅴ
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the, l’armoise, la veronique, la prime-vere avec ses fleurs, lina athritica, les sommitez d’anet, les bayes de laurier, & le geniévre concassé.

Prenez une partie de ces herbes environ plein un chauderon, faites-les cuire dans la lie de vin rouge pendant deux ou trois heures, sur la fin adjoûtez- y, en ostant le chauderon du feu deux ou trois livres de miel, laissez refroidir jusqu’à ce que vous y puissiez souffrir la main, & pour lors prenez une poignée des herbes du bain, & en frottez les jambes, en renouvellant souvent la poignée d’herbes.

Ce bain adoucit, desenfle, ote la douleur, & fortifie les jambes des Chevaux, il est d’un bon usage & coûte peu : il ne s’en faut pas servir lorsqu’il y a beaucoup de chaleur dans la partie enflée, mais la frotter avec l’onguent du Duc jusqu’à ce que l’inflammation soit ostée, ensuitte pour dissiper l’enflure, on se sert du bain precedent qui reussira tres-bien, comme aussi pour faire les fomentations que j’ay ordonné en plusieurs occasions. Vous pouvez adjoûter à tout le bain environ une livre graine de Cheval qui adoucira beaucoup.


CHAP.
ⅬⅩⅥ.
Huile excellente pour les jambes usées des Chevaux.


JE n’ay point trouvé de plus excellent remede pour restablir le mouvement des jambes usées par le travail, qui sont roides & qui ont les nerfs endurcis, que l’huile suivante, qui demande un bon artiste pour la bien composer.

Prenez une vieille brique pesant une livre ou un peu davantage il n’importe, faites la rougir dans le feu, & ainsi rouge jettez-la dans l’huile d’olive, estant refroidie reduisez-la en poudre, & l’humectez avec l’esprit de vin, mettez le tout à distiller dans une cornue au feu de sable ; & reservez l’huile qui en sort, qu’on appelle l’huile de briques, ou l’huile des Philosophes.

Prenez une livre de savon marbré du plus beau, râpez le fort-menu, & le mélez tres-bien avec une livre de chaux vive en poudre, vous mettrez le tout dans une cornue à distiler au feu de sable, reservez ce qui fortira par le bec de la cornue, dans une fiole.

Prenez deux livres de vers de terre, lavez-les en eau froide, & ensuitte jetrez-les dans de l’eau pour se dégorger, cependant faites boüillir deux livresj d’huile d’olive, avec six onces de sel en