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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/16

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Chap.
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n’y propose aucun nouveau remede qui ne soit bien experimenté, & pour la commodité de ceux qui l’ont souhaité, je l’ay reduit en deux Volumes.

Vous aurez une grande facilité pour trouver tous les remedes qui sont dans ce Livre ; ils sont tous dispencez & tous prests à s’en servir dans une boutique d’Espicier à Paris ; ceux qui sont à la Campagne, n’ont qu’à luy écrire, il envoyera les compositions toutes faites ; je puis repondre de sa fidelité, de sa capacité, & de plus qu’il n’est point interessé, & qu’il se contente d’un gain modique: Il loge rue Saint Honoré, vis-à-vis la Barriere des Sergens, à l’Enseigne des trois Maillets d’or, il se nomme Monsieur Eschar, qui a toujours de tres belles & bonnes drogues.

Ayant à traiter des maladies des Chevaux, je croy qu’il n’est pas necessaire de s’attacher à une speculative inutile : le plus grand secret est de tâcher a connoistre la maladie, morbum nosse curationis principium, ensuite de choisir les remedes qu’une longue experience a fait connoistre pour les plus propres, & les appliquer en temps & lieu : J’ay lû nombre d’Auteurs qui ne croiroient pas avoir bien parlé d’une maladie s’ils n’en rapportoient une curieuse definition, s’ils ne donnoient raison du nom, s’ils ne faisoient un long denombrement de tous les signes qui peuvent faire connoistre le mal ; ils examinent ensuitte toutes les causes en detail, qui contribuent à produire la maladie qu’ils se proposent de guerir ; ils en establissent un prognostic avec regularité ; ils tirent des indications qui font tous les chefs de leur pratique, & seroient bien faschez d’oublier aucun remede qu’un Auteur ait proposé, pourveu que ce soit un remede universel ; car pour des particuliers ils n’en veulent point, ayant banny tous les specifiques de la Medecine, & l’ayant réduit à ce seul point d’en bien parler: sans offenser les braves gens, & les sçavans Medecins, dont il y a grand nombre par toute la France, je diray de quelques autres, ce que Hipocrate en a dit, Medicinam vocat omnium artium nobilissimam, sed propter ignorantiam eorum, qui eam male exercent, esse omnium vilissimam. Ainsi je trouve qu’il n’y a que de l’ostentation dans cette maniere, & tout ce grand preparatif n’aboutit souvent qu’à une bagatelle ; une definition ajustée selon les preceptes de l’art, embarasse ordinairement celuy qui l’a faite, & ne donne gueres d’éclaircissement à celuy qui l’entend. Il est juste de donner à connoistre je mal qu’on traite, & de l’expliquer nettement ; mais quelque