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Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/122

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Chap.
ⅹⅹⅹⅷ
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avec les herbes émollientes, & un once & demie de scories de foye d’antimoine en poudre, adjoûtant à la colature deux onces d’orvietan ou autant de thenaque, avec un quarteron de beurre frais, donnez le tout au Cheval, ainsi on luy fera avaller de la theriaque par la bouche, l’on luy en donnera par le fondement ; il n’y a gueres d’Avives qui ne guerissent par ce remede.

II y a au Chapitre ⅩⅬⅧ. un remede composé avec esprit de nitre & esprit de vin distillez ensemble jusqu’à leur union qui reüssit bien, donné comme il est ordonné audit Chapitre.

Tous les Chevaux ont au dessus des genoüils, & au dessous des jarrets, une chateigne qui est à fleur de peau dure comme de la corne, coupez en un peu, & la mettez sur un rechaut pour en faire recevoir la fumée au Cheval par les nazeaux avec un sac bien ajusté pour cela, & d’abord la douleur que les avives causoient cessera.


CHAP.
ⅩⅩⅩⅨ.
Des Tranchées qui surviennent aux Chevaux.


LEs Tranchées sont des douleurs excitées dans les boyaux par l’acrimonie des humeurs qui bouillonnent & se fermentent dans les entrailles, par quelque liqueur pleine d’esprits & de sel qui s’y est glissée, quelquefois ce sont des vents ou quelques matieres cruës qui ne peuvent estre digérées par la nature, qui causent ces accidents.

On connoist qu’un Cheval en est travaillé lors qu’il se débat, qu’il se couche & se leve : quoy qu’il puisse avoir des Tranchées sans avoir les Avives, neantmoins les Avives ne paroissent jamais sans Tranchées, & elles font à peu prés aux Chevaux ce que font aux Hommes les differentes especes de coliques.

Cette maladie est de consequence, & les Chevaux en meurent ; c’est pourquoy il est à propos de s’estendre sur ce sujet, les lavemens sont tres-efficaces pour ces maux-là, il y en a d’une sorte qui est admirable duquel nous parlerons cy-apres.

Pour plus d’intelligence je diviseray les tranchées en plusieurs especes selon qu’elles procedent de differentes causes, & apres chaque espece je donneray les remedes ; le tout pour me rendre plus intelligible, qui bene distinguit bene docet.