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mairies. Une heure après, au-dessous de la pancarte officielle, on en lisait une autre qui menaçait de mort tous les maires qui obéiraient aux ordres du gouvernement. À Landévant, petite commune des environs de Hennebon, cette audacieuse menace fut affichée publiquement, à la sortie des vêpres, en présence de tout le village et de l’adjoint du maire qui n’osa pas souffler un mot. Rien n’était plus précaire que la position de ces magistrats municipaux, dont la plupart n’avaient à leurs ordres ni un gendarme, ni un douanier, ni un garde champêtre. Quelques-uns étaient de cœur avec les insurgés et les avertissaient d’avance de la marche des gendarmes. Il n’était pas facile de trouver un bleu dans certains villages ; ailleurs il n’y avait que le maire en fonction qui sût lire.