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il y avait de la haine des deux côtés, une haine qui s’accroissait tous les jours. Les soldats comptaient ceux de leurs camarades qui avaient péri ; les réfractaires, à force de vivre hors la loi et de porter un fusil sur le dos, prenaient des mœurs plus farouches. Un fait tout récent les avait exaspérés. On avait répété partout dans les campagnes que le gouvernement de juillet avait aboli la peine des galères pour les crimes politiques. Cependant, Nagat et les deux frères Jégu, qui avaient arrêté la malle entre Ploërmel et Malestroit, avaient été condamnés à vingt ans de travaux forcés. Les bleus avaient beau dire qu’il s’agissait d’un vol à main armée commis la nuit de complicité sur la voie publique, les paysans bretons n’entendaient pas de cette oreille :