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foyer à maudire le gouvernement et à méditer des projets de vengeance et d’insurrection. Souvent ces conciliabules étaient tout à coup interrompus par l’aboiement d’un chien qui annonçait l’approche d’un étranger. Alors on sautait sur les fusils, et le maître de la ferme s’approchait de la lucarne pour tâcher de voir au dehors. Si l’on apercevait des gendarmes, on les comptait, on se comptait. La plupart du temps on essayait de fuir, de se cacher sous des bottes de foin, de faire un trou dans le toit de chaume afin de s’évader par derrière, tandis que la porte s’ouvrait lentement. Quelquefois aussi on avait recours à la force, et les gendarmes se trouvaient pris dans un piége. Le sang avait coulé dans bien des rencontres, et, comme il arrive dans les guerres civiles,