Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/59

Cette page a été validée par deux contributeurs.


exacts à l’heure, se promenant à part les jours de congé, car ils s’adoraient, et d’une dévotion que l’abbé Flohy, notre aumônier, nous proposait toujours pour modèle. Ils étaient mes voisins, logés dans la rue des Chanoines, tout près de la cathédrale, chez une veuve qui tenait une pension pour huit ou dix écoliers. J’ai été bien souvent les voir dans leur petite chambre, où ils étaient entassés tous les trois quand l’aîné venait à la ville, et je m’asseyais sur un lit, parce qu’il n’y avait que trois chaises. Nous répétions nos leçons ensemble, ou nous lisions quelque livre emprunté à l’un des vicaires de Saint-Paterne. Nous étions tout à fait abandonnés à nous-mêmes après les heures de classe, et pourtant je puis bien dire que nous n’aurions pas été plus sages