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veste et en sabots, avec leurs cheveux longs et leurs vingt-cinq ans, et qui, parce qu’ils étaient collégiens et qu’il y a partout des grâces d’état, étaient tout aussi enfants que moi-même. Ils ne l’étaient pas pourtant dans leurs sentiments politiques, et il n’y en avait peut-être pas un qui ne fût chouan jusqu’au bout des ongles. Notre collége avait déserté en masse, sous la première révolution, pour aller faire la guerre dans les landes avec Cadoudal ; nos régents n’en étaient pas peu fiers ; ils avaient soin de nous rappeler de temps à autre avec un orgueil tout à fait communicatif ce grand fait d’armes de nos devanciers. Il ne faut donc pas s’étonner si plusieurs d’entre nous se joignirent à la bande de Guillemot pendant les vacances de 1831. Nous autres petits,