Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/54

Cette page a été validée par deux contributeurs.


flexion. Mes opinions me rendaient l’impartialité facile. Elles ne me faisaient pas d’ennemis ; on me permettait d’être républicain comme on permet à un poëte de rêver. Ma famille m’avait mis en pension au collége de Vannes, où j’apprenais un peu de latin et un peu de français sous la direction de l’abbé Ropert, excellent homme qui ne savait guère ni l’un ni l’autre. Nous étions là, dans la classe de seconde, une centaine d’écoliers dont j’étais le plus jeune ; car, dans ce pays alors arriéré, et qui s’est peut-être civilisé depuis, la population des colléges se composait principalement de grands garçons, enlevés à la charrue par la vanité de leurs parents ou la générosité de leurs curés, pour se préparer à l’état ecclésiastique. Je me rappelle encore mes condisciples en petite