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ment. Ce n’est plus aujourd’hui pour moi une question d’humanité. En demandant qu’on laisse toujours à la société le moyen de réparer une erreur, si je pense beaucoup à la victime, je pense encore plus à la société elle-même ; et j’ai moins peur du tort qu’une erreur judiciaire fait à un homme, que de celui qu’elle fait à la justice.

Je ne suis plus aussi farouche que nous l’étions, l’abbé Moisan et moi en 1833, et je ne sais pas, quoiqu’il fût tout d’une pièce et Breton jusque dans les moëlles, s’il commettrait encore l’effroyable contre-sens de laisser subsister la peine de mort pour les vaincus en la supprimant pour les assassins. Pour moi, je suis converti sur les deux points. J’ai vu à Nüremberg un musée de sabres à décapiter, de couperets, de ma-