Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/33

Cette page a été validée par deux contributeurs.


jour professeur au collége de Vannes, et me pressait d’aller à Rennes pour passer l’examen de bachelier. Il prétendait qu’il paierait mes frais de route : Dieu sait où il aurait pris de l’argent pour cela. Je finis par y aller à pied, et par me faire recevoir à l’école normale. Mes camarades ne se sont jamais doutés que je me passais de dîner tous les jours de sortie ; mais je ne me plains pas d’avoir eu une enfance et une jeunesse un peu rudes, ni d’avoir passé mes premières années, moi libre penseur et républicain, parmi des catholiques et des carlistes. L’abbé Moisan, qui ne savait pas dire quatre paroles de suite, et qui n’avait jamais lu que son bréviaire et les ordres du jour de M. de la Houssaye, a exercé sur mon esprit une influence que je crois heureuse. Je me rappelle en-