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périrent, en soldats, d’un coup de fusil. D’autres portèrent leur tête sur l’échafaud ; d’autres, plus misérables, allèrent mourir au bagne de Brest, car on affecta de les traiter en voleurs de grand chemin, non en accusés politiques. Je puis dire au sujet de cette agitation impuissante, qui n’aura pas d’historien, et à laquelle je n’attachais aucune de mes espérances, qu’elle fut l’agonie d’un grand sentiment.

Tout était irrévocablement fini quand je devins, en 1833, le commensal de l’abbé Moisan. Je venais d’achever mes études, que j’avais faites littéralement à mes frais, donnant matin et soir des leçons d’écriture et d’orthographe pour payer ma pension et mes mois de collége. L’abbé, qui avait de l’ambition pour ses amis, voulait me voir un