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refuser obstinément de chanter le Domine Salvum. Je me souviens que l’évêque, qui était un Lamothe-Broons, d’une vieille famille légitimiste, fut obligé d’aller le faire chanter devant lui à Saint-Paterne, sans quoi l’abbé Couëffic aurait résisté jusqu’à la fin. De cette première manifestation, ils passèrent à une autre, plus dangereuse : ils conseillèrent aux conscrits de ne pas partir. Un conseil donné à un paysan breton par son confesseur, est un ordre. Il y eut, aussitôt, depuis Auray jusqu’à Ploërmel, des bandes de réfractaires, dont quelques-unes tinrent la campagne contre les gardes nationaux et la troupe de ligne. Plusieurs nobles offrirent leurs châteaux pour lieu de rendez-vous. Le roi Charles X, réfugié à Holy-Rood, donna à un ancien com-