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je le voyais abattu, découragé, malade. Il souffrait de se sentir inutile. Il ne reprenait un peu de vie qu’en me racontant ses batailles, comme il les appelait, ou en parlant des condamnés qu’il avait conduits à la mort. Il en parlait comme de ses enfants ; il n’y en avait pas un qu’il n’aimât et dont il ne fît l’éloge. La vieille Annah me disait qu’il retombait quand j’étais parti, et « qu’il n’avait pas assez à faire. »

Chose étrange, il sembla renaître après 1830. Tout changea aussi autour de lui ; il devint l’homme important, ou plutôt l’idole de la ville. Je ne fus pas longtemps à savoir pourquoi. Il y eut, en Bretagne, après les glorieuses, un essai impuissant de chouannerie. Les prêtres, pour la plupart, s’y jetèrent à corps perdu. Ils commencèrent par