Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/25

Cette page a été validée par deux contributeurs.


liées derrière le dos, les jambes entravées, marchant à pied entre son confesseur et le bourreau, et derrière lui, sur ses pas, la charrette portant sa bière. Mes camarades couraient alors en foule le long de la rue du Mené qui traverse la ville ; ils s’entassaient sur les marches du Calvaire qui est à la porte du collége, parce que le condamné s’y agenouillait ordinairement, et disait à haute voix une prière, à laquelle répondaient tous les assistants. Je n’ai jamais eu le cœur d’y aller ; mais ce que j’ai vu bien des fois, c’est la chaîne.

On ne connaît plus cela à présent. Dans ce temps-là, les condamnés au bagne se rendaient à pied, enchaînés les uns aux autres par le cou, depuis Bicêtre jusqu’à Brest ou à Toulon. La chaîne s’arrêtait à