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cond. L’abbé Moisan avait pour mon père une amitié passionnée ; je crois même qu’il lui avait dû la vie sous la première république. J’avais pris l’habitude, pendant que je faisais mes études au collége de Vannes, de passer une partie de mes vacances au presbytère d’Auray, et je m’y regardais comme chez moi. J’y avais ma chambre, qu’on ne donnait jamais aux vicaires des environs, quand ils venaient par bandes de cinq ou six, selon la coutume du clergé breton, demander l’hospitalité au recteur. La vieille Annah, servante ou maîtresse du logis, qui passait pour assez revêche, m’avait pris en gré à l’exemple de son maître, et me traitait comme l’enfant de la maison.

L’abbé Moisan avait alors soixante-dix ans. C’était un grand homme d’une mai-