Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/168

Cette page a été validée par deux contributeurs.


plaça le cadavre sur des tréteaux, afin d’étendre Marion sur le seul lit qu’il y eût dans cette pauvre demeure. Je souhaitai ardemment que le délire se prolongeât pendant vingt-quatre heures. Le pauvre Nayl serrait dans ses mains tremblantes les mains de sa fille bien-aimée, puis il la quittait pour aller embrasser en pleurant sa vieille compagne. Je sentis cette nuit-là plus de tristesse peut-être, et à coup sûr plus d’accablement, que je n’en avais éprouvé après la condamnation de mes trois amis. On s’était procuré pour tout luminaire une torche de résine. De pieuses femmes se relayaient pour prier. Pour nous, nous demeurâmes en silence toute la nuit ; je voyais de grosses larmes couler le long des joues du vieillard, et je ne cherchais pas à retenir les miennes. Ma-