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dit dans la ville que l’exécution aurait lieu le lendemain. Je me rendis aussitôt chez Marion, pour la déterminer à quitter Vannes sur-le-champ. Je vis en arrivant à la porte une table couverte d’une serviette, sur laquelle on avait posé un crucifix en bois et un bénitier. Madame Nayl était morte dans la matinée. La raison lui était revenue au moment de sa mort, et elle avait connu de nouveau toute l’horreur de sa situation. Le corps était gardé par quelques voisines et par l’abbé Le Ber, qu’on était toujours sûr de rencontrer partout où il y avait des pauvres et des malheureux. Je cherchai des yeux M. Nayl et sa fille, et je fus surpris de ne pas les voir, car je savais que l’habitude des Bretons est de ne pas quitter leurs morts. « Ils sont à la prison avec Moisan, » me dit