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RAPPELEZ-VOUS LA FLEUR

Rappelez-vous la fleur que, pour vous, j’ai coupée
Sur le sombre rosier qui n’avait qu’une fleur :
Les fraîcheurs d’une nuit lente l’avaient trempée,
Et d’abord votre lèvre y but comme un long pleur.

Puis, sa tête divine étant déjà penchée,
Je vis vos petits doigts irrités et nerveux
Pétrir la triste rose à sa tige arrachée
Et la tordre dans l’or confus de vos cheveux.