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SONNET HIBERNAL

À RENÉ DELORME

Décembre, en déployant son manteau de froidure,
Appesantit de neige et les bois et les jours,
Étouffant la gaîté, qui fait les instants courts,
Sous le même linceul qui couvre la verdure.

Le vent qui, sur les fleurs, ferma la terre dure,
Chasse du ciel l’azur et du cœur les amours,
Sur nos rêves brisés penchant nos fronts plus lourds :
— La saison de souffrir est la seule qui dure !