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Page:Siefert - L’Année républicaine, 1869.djvu/60

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L’ANNÉE RÉPUBLICAINE.


Souffle aussi sur les nations
De pleurs & de sang inondées.
Chacune s’agite à son tour
Dans l’attente du nouveau jour
Qui doit réaliser le rêve,
Tandis qu’à leur cœur rajeuni,
Ivre d’extase & d’infini,
Remonte & bouillonne la séve.

Les flots se cabrent anxieux,
Les chênes rebellés se dressent ;
Les mêmes questions se pressent
Et roulent de la terre aux cieux ;
Le soleil à travers la pluie
Brille par instants & l’essuie
Sur le seuil sombre des maisons ;
L’éclair coupe en deux le nuage,
Et les vents, redoublant de rage,
Viennent de tous les horizons.

Mais à la bataille infidèle,
Le vent du nord cède attiédi,
Le dernier souffle du midi
Porte la première hirondelle :