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Page:Siefert - L’Année républicaine, 1869.djvu/48

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L’ANNÉE RÉPUBLICAINE.


C’est l’heure où les flots lourds à leurs bords éperdus
Se figent, fatigués de leurs longues querelles.

C’est l’heure où brusquement réveillée, au détour
Du sentier blanc, s’allume une étroite fenêtre.
Chaque nuit en tremblant on la voit apparaître,
Lampe pour le travail ou phare pour l’amour,
Et la lune s’y heurte à que sais-je ? ou peut-être ?

Car le penseur guidé vers le bien par le beau,
Le précurseur des temps que son souffle féconde,
Dont la voix solitaire ébranlera le monde,
Dont la parole est glaive & dont l’âme est flambeau,
Est là, qui d’un regard perce l’ombre profonde.