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Page:Siefert - L’Année républicaine, 1869.djvu/47

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FRIMAIRE.


Au-dessus des glaciers qui découpent l’azur,
Au-dessus des grands bois qui surplombent la grève,
Dans ses frissons de vierge & ses blancheurs de rêve,
Comme un camellia fleuri dans l’éther pur,
La lune lentement & fièrement s’élève.

Devant elle un air froid descend des monts transis,
Une brume d’argent monte des lacs mystiques,
Le givre aux arbres pend ses joyaux fantastiques,
Et, mystérieux temple aux reflets indécis,
La cascade gelée a des arceaux gothiques.

C’est l’heure où les rameaux effilés & tendus
Pleurent tout bas, vibrant comme des chanterelles
Sous l’invisible archet des peurs surnaturelles ;