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la responsabilité cruelle de la dévastation vengeresse — qui va voler avec eux. Ce trait moqueur — enlèvera à bien des veuves leurs chers maris, — à bien des mères leurs fils, fera crouler bien des châteaux ; — et des générations encore à naître — auront sujet de maudire l’ironie du Dauphin. — Mais tout cela est dans la volonté de Dieu — à qui nous en appelons. C’est en son nom, — dites-le au Dauphin, que je vais me mettre en marche — pour me venger de mon mieux, et déployer — mon bras justicier dans une cause sacrée. — Sur ce, partez en paix ; et dites au Dauphin — que sa plaisanterie semblera d’un mince esprit, — quand elle aura fait pleurer bien plus de gens qu’elle n’en a fait rire. — Qu’on les reconduise sous bonne escorte Adieu.

Les ambassadeurs se retirent.



EXETER.

Voilà un plaisant message.


LE ROI.

— Nous espérons bien en faire rougir l’auteur.

Il descend de son trône.


— Ainsi, milords, ne perdons pas un seul des heureux moments — qui peuvent hâter notre expédition. — Car la France absorbe désormais nos pensées, — avec Dieu, qui passe avant toute affaire. — Ainsi, veillons à ce que les forces nécessaires à cette guerre — soient vite rassemblées, et tâchons autant que possible, — de donner à notre essor les ailes — d’une sage vitesse ; car, j’en prends Dieu à témoin, — nous irons tancer ce dauphin à la porte même de son père. — Ainsi, que chacun s’ingénie — à faire marcher cette belle entreprise.

Ils sortent.


Entre le Chœur.



LE CHŒUR.

— Maintenant toute la jeunesse d’Angleterre est en