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d’autres, comme soldats, armés de leurs dards, — pillent les boutons de velours de l’été, — et avec une joyeuse fanfare rapportent leur butin — à la royale tente de leur empereur. — Lui, affairé dans sa majesté, surveille — les maçons chantants qui construisent des lambris d’or, — les graves citoyens qui pétrissent le miel, — les pauvres ouvriers porteurs qui entassent — leurs pesants fardeaux à son étroite porte, — le juge à l’œil sévère, au bourdonnement sinistre, — qui livre au blême exécuteur le — frelon paresseux et béant. J’en conclus — que des maints objets, dûment concentrés — vers un point commun, peuvent y atteindre par directions opposées ; — ainsi plusieurs flèches, lancées de côtés différents, — volent à la même cible ; plusieurs voies se rejoignent à la même ville ; — plusieurs frais cours d’eau se jettent dans la même mer ; — plusieurs lignes convergent au centre du cadran. — Ainsi mille forces, une fois en mouvement, — peuvent aboutir à une même fin et agir toutes pleinement — sans se nuire. En France donc, mon suzerain ! — Partagez en quatre fractions votre heureuse Angleterre ; — emmenez-en une en France, — et avec elle vous ferez trembler toute la Gaule. — Si nous autres, avec les forces triples restées à l’intérieur, — nous ne pouvons garder notre porte d’un chien, — je veux que nous soyons dévorés et que notre nation perde — sa renommée de hardiesse et de circonspection.


LE ROI.

— Introduisez les messagers envoyés par le Dauphin.

Quelqu’un de la suite sort. Le roi monte sur son trône.

— Maintenant nous sommes parfaitement édifiés, et, avec l’aide de Dieu — et la vôtre, nobles membres de notre puissance, — la France étant à nous, nous la plierons à notre majesté, — ou nous la mettrons en pièces. Ou