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senta comme héritier et descendant — de Bathilde, fille du roi Clotaire, — pour faire valoir ses titres à la couronne de France. — De même Hugues Capet, qui usurpa la couronne — de Charles, duc de Lorraine, seul héritier mâle — de la lignée légitime et de la souche de Charlemagne, — afin de colorer de quelque apparence de vérité un titre — qui, en pure vérité, était mensonger et nul, — se porta pour héritier de la dame Lingare, — fille de Carloman, qui était fils — de l’empereur Louis, fils — de Charlemagne. De même Louis X, — qui était l’unique héritier de l’usurpateur Capet, — ne put porter avec une conscience tranquille — la couronne de France que quand il fut convaincu — que la belle reine Isabelle, sa grand’mère, — descendante directe de la dame Ermengare, — fille de Charles, le susdit duc de Lorraine, — avait par son mariage rattaché — la ligne de Charlemagne à la couronne de France. — Ainsi, il est clair comme le soleil d’été — que les titres du roi Pépin, les prétentions de Hugues Capet, — la satisfaction de conscience du roi Louis — reposaient sur les légitimes droits des femmes. — Il en a été de même de tous les rois de France jusqu’à ce jour : — et néanmoins ils opposent cette loi salique — aux titres que Votre Altesse tient des femmes, — s’enveloppant dans un réseau de contradictions — plutôt que de mettre franchement à nu les titres qu’ils ont tortueusement — usurpés sur vous et sur vos ancêtres (6).


LE ROI.

— Puis-je, avec justice et en conscience, faire cette revendication ?


CANTORBÉRY.

— Que la faute en retombe sur ma tête, redouté souverain ! — Car il est écrit dans le livre des Nombres : — Quand le fils meurt, que l’héritage — descende à la fille. Gracieux seigneur, — levez-vous pour votre droit ; déployez votre